Le tapis d'éveil : figure de proue de la pédagogie Montessori

Le tapis Montessori

Heureux les peuples d'Orient qui ont gardé le bel usage de s'asseoir par terre, de se coucher sur le sol, d'y disposer le plateau repas. Leurs membres sont plus souples, leur dos plus droit, leurs yeux moins fatigués. Dans l'école dite classique, il est souvent mal vu de s'asseoir sur un tapis.

Pourtant, le travail au sol est plus naturel que les bancs et les pupitres. Le tapis d'éveil sera donc l'allié du jeune montessorien. Il favorisera sa croissance et la souplesse de ses membres tout en améliorant son équilibre nerveux car la proximité au sol inspire un sentiment de sécurité et de stabilité. Une sérénité que ne permet pas le fait d'être haut perché.

Le tapis d'éveil est un matériel Montessori de premier plan. Voici comment bien le choisir !

C'est au sol que bébé construit sa motricité

Pendant les premières semaines de la vie de votre petit bout de chou, vous allez surtout l'avoir au creux de vos bras, en portage, dans un transat ou un couffin. Si vous êtes inspiré par la méthode Montessori, vous savez que cette période ne doit pas trop durer, au risque de brider le développement sensoriel et cognitif de votre enfant. C'est au sol que bébé construit sa motricité. Il regarde autour de lui, s'aventure à attraper des objets, roule sur le côté, se met à plat ventre, pédale avec ses petites jambes, se met à quatre pattes, s'assoit, se déplacer, se hisse debout le long des meubles ou de la barre de préhension Montessori, marche avec un support puis acquiert enfin la marche !

Il doit pouvoir prendre plaisir à se mouvoir librement, dans un environnement sécurisé. Pour cela, vous devez être en mesure de le poser dans un espace adapté, dont le tapis constitue la pièce maîtresse.

Critère n°1 : la sécurité et les normes CE - NF

Quelle que soit la pédagogie dont vous vous inspirez, la sécurité doit figurer en tête de liste de vos critères d'achat. Le tapis Montessori que vous allez choisir ne doit présenter aucun risque pour votre enfant. Pour s'en assurer, assurez-vous que le produit choisi dispose du label CE attestant de sa conformité aux normes européennes de sécurité. Si en plus, il dispose du label « norme française » (noté « NF »), c'est encore mieux, car le cahier des charges de cette certification est encore plus exigeant. Vous aurez ainsi la certitude que le tapis d'éveil ne comporte aucun élément détachable susceptible de blesser ou d'étouffer bébé s'il venait à le porter à sa bouche.

Critère n°2 : l'épaisseur du tapis

On conseille généralement aux parents qui souhaitent poser leur enfant au sol très tôt (vers 2 mois) de glisser sous des dalles en mousse ou un tapis de motricité en dessous du tapis d'éveil pour amortir les chocs et l'isoler du sol. Si vous trouvez un tapis d'éveil suffisamment épais, assurez-vous qu'il soit doté d'un mécanisme antidérapant pour que bébé ne glisse pas au gré de ses mouvements.

En somme, un tapis commence à devenir intéressant à partir de 2 cm d'épaisseur. En dessous, utilisez des dalles ou un autre tapis en support.

Critère n°3 : les dimensions du tapis Montessori

La majorité des tapis Montessori font 130 cm x 130 cm. Tout dépend de la superficie disponible au sol, mais il faut savoir qu'en dessous de 120 cm x 120 cm, l'espace devient insuffisant et bébé ne pourra pas déployer membres comme il le souhaite.

Critère n°4 : les couleurs du tapis

C'est loin d'être une simple question de goût. Optez pour des tons neutres et doux. Pendant les premières semaines, bébé doit être exposé à un environnement bitonal avec des contrastes de blanc et de noir, car sa vision n'est pas assez développée pour percevoir les couleurs (c'est pour cette raison que le mobile de Munari est en noir et blanc). On va donc éviter de surcharger l'environnement de l'enfant pour ne pas stimuler outre mesure ses sens. Un tapis bicolore est donc à privilégier, avec des tons pastel. Vous serez amené à changer votre tapis (ou à investir dans une housse) par la suite.

Dérouler ou ne pas dérouler ?

Avant 30 mois, la question ne se pose pas : bébé doit trouver son tapis déjà installé, prêt à l'emploi. Mais à partir de l'âge de 2 ans et demi, il serait plus intéressant de lui apprendre à le dérouler tout seul, de façon ordonnée, harmonieuse et autonome chaque fois qu'il souhaite travailler au sol. Cette activité du quotidien, aussi bien à la maison qu'à l'école Montessori, participe à la coordination motrice des mouvements et à la construction de la confiance en soi.